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Les Traditions

Un Saint, une Histoire, une Légende




Eloi (589 – 659) naquit à Chaptelot (Limousin) dans une famille rurale et chrétienne.

Sous la direction d'Alban, Maître de la monnaie de Limoges, il apprit la profession d'orfèvre, où il excelle. Sa piété et sa charité associées à son talent incitèrent Dagobert I er à en faire son principal conseiller.

En 639, il devient évêque de Noyon (en Picardie).

Après sa mort en 659, son cheval devient malade, sauvage, blessant les gens qui tentaient de le monter. Il redevint doux et bon lorsqu'il revient à Solignac… De là procède sûrement l'intercession que demandent à Saint Eloi les charretiers pour que leur chevaux, compagnons obligés des travaux agricoles dans un temps pas tellement éloigné de notre époque.



Une tradition locale qui s'étend à tout un terroir

Vénéré dans toute la Provence, Saint-Éloi est le patron des maréchaux-ferrants, des forgerons et du meinagié , le paysan provençal.

Rognonas a gardé le souvenir du passage d'Éloi, Maitre de la Monnaie qui, en 621, traversa la Durance et nos terres, alors qu'il se rendait en mission à Marseille.

La dévotion à Saint-Éloi est très ancienne, attestée dès 1690 aux archives de la Paroisse et par l'érection d'une croix (1810) qui fut rénovée en l'an 2000 : elle rappelle, par une enclume, les travaux de la forge et par le rouleau à grains ( barulaïre ), le temps des moissons.

La charrette de Saint-Éloi traversait anciennement les terres ( restoubles ), pour obtenir de bonnes récoltes. De nos jours, elle court dans les rues du village, gardant la particularité d'être préparée et de prendre le départ depuis le mas de la famille d'un des prieurs, avec son attelage de chevaux en flèche, harnachés à la mode sarrasine.

Saint Eloi en Europe

Débordant largement la France , le culte de Saint-Eloi a retrouvé ses racines, après une longue incubation en  Provence, dans le village natal du saint à  CHAPTELAT  en Limousin

La ville de NOYON dont il fût évêque commémore aussi le saint.

A  NOYON, dans le souci de resserrer les liens entre les différentes confréries de Saint-Eloi de France, de Belgique d'Allemagne, Italie et Pays–Bas a été créé  le dimanche 24 juin 1990 la fédération européenne des confréries et associations de bienfaisance de SAINT-ELOI  ( EURELOY ).

Mission première fût d'encourager l'organisation des fêtes locales traditionnelles dans le respect de l'autonomie et des caractéristiques propres à chacune et de promouvoir des échanges .

Ainsi se perpétue la devise de Saint-Eloi : PROBITE, HUMILITE et CHARITE

Saint Eloi en Provence

La Fédération Alpilles-Durance regroupe douze villages du nord des Bouches-du-Rhône (13 sociétés).

Elle a célébré en l'an 2010 son 40ème anniversaire. Elle édite chaque année le calendrier des activités qui s'étalent sur treize fêtes, du premier samedi de juin au premier dimanche de septembre.

Fêtes de tradition religieuse, elles permettent à tous d'admirer les défilés des charrettes ramées (branchages, fleurs et fruits pour certaines), attelées parfois d'une soixantaine de chevaux, si elle va au pas, d'une vingtaine, si elle court.

La Fédération Alpilles-Durance a la vertu de mobiliser les énergies et les échanges entre les charretiers de tous nos villages, ce qui a rendu possibles de tels attelages...

La Charette

La confrérie de St Eloi de Rognonas organise chaque 2 e dimanche de juillet une fête religieuse dédiée à St Eloi avec une charrette ramée, courant pendant une partie de son trajet.
Cette charrette organisée au 18 ème siècle par la confrérie des ménagers (catégorie la plus puissante des agriculteurs de l'ancienne Provence), les seuls à posséder un cheval et à pouvoir financer le riche harnachement de St Eloi.
L'évolution de la charrette et de la Confrérie vers une association loi 1901, dont les sociétaires (donateurs) sont les membres, n'a pas effacé sa signification religieuse. Pour preuve :
- la samedi soir, après les essais de la charrette, les charretiers conduisent le cortège à la place Croix de St Eloi et effectuent trois fois le tour de la Croix de St Eloi dans le sens contraire de la marche du soleil pour que les charretiers soient tournés vers le prêtre pour la bénédiction.
- le dimanche, à 7h du matin, la messe au mas des prieurs en présence de la charrette et la participation de la Chorale Sainte Cécile est un moment fort en émotions qui réunit la confrérie et les sympathisants.
- le dimanche matin, après la grand messe, la procession notamment les prieurs avec leur Saint porté à bras, les corbeilles de  tortillades et de drapeaux à l'image du Saint, les charretiers et la charrette sont bénis par le curé sur la place Jeanne d'Arc.

L'organisation de l'attelée :

L'attelage de la charrette est à limon ou en flèche, c'est-à-dire l'un devant l'autre à la queue le leu. Les limons étant le nom des bras d'une charrette ou d'un tombereau.
Cet attelage est composé de 15 à 18 chevaux, et chaque cheval a un rôle spécifique en fonction de sa place dans l'attelée.

Voici comment elle se compose :
- Le devant :
Le premier cheval : sa fonction est de donner l'allure et la cadence tout le long du parcours. Il faut donc un cheval calme, pas effrayé par le monde et le bruit. Les deux ou trois chevaux qui le suivent sont là pour l'aider. Ils doivent avoir les mêmes caractéristiques.
- Le milieu :
Il représente la plus grande partie de l'attelée. Ce sont souvent des chevaux confirmés qui encadrent ceux qui débutent dans la course de la charrette. Leur rôle est de tenir une allure régulière imposée par le devant et de diriger l'attelée au plus juste, pour faciliter le positionnement du derrière.
- Le derrière :
Se sont les quatre derniers chevaux : le devant de corde, le cordier, le cheviller et le limonier.
Le devant de corde doit réajuster les éventuelles erreurs de trajectoires (trop à l'intérieur ou à l'extérieur du virage), pour permettre à la charrette de passer le virage sans encombre.
Le cordier doit s'écarter à l'extérieur du virage, à l'approche de celui-ci pour laisser la place au cheviller et au limonier.
Le cheviller doit s'effacer à l'intérieur du virage au dernier moment pour laisser toute la place au limonier et à la charrette. Le cas échéant il doit maintenir la charrette à l'intérieur du virage pour ne pas que la vitesse excessive l'emporte vers l'extérieur.
Le limonier est un cheval qui doit être puissant, et surtout d'un grand moral, qu'il sache bien se poser sur le collier et s'appuyer sur le bras (limon), car le moment venu, c'est lui qui fournira le plus grand effort pour faire tourner la charrette. En effet, si dans les lignes droites il peut se laisser ''tirer'', quelques mètres avant et jusqu'à la sortie du virage, il tire la charrette tout seul.

Le harnachement :

Du premier jusqu'au cordier, chaque cheval est garni de la même façon. Tous les chevaux sont menés à main droite.
Ils sont garnis :
- d'une bride cuivrée avec des oeillères. Si le charretier court à côté du cheval, il le conduit avec un ''tire-moure'' accroché au mors. S'il mène de dessus, il utilise une paire de rennes.


- d'un collier avec une grande pointe (collier provençal), cuivré lui-aussi.
- d'une paire de traits en corde soutenus par des fourreaux en cuir et des porte-traits. Ces traits sont accrochés à l'avant au collier du cheval par des macillons en cuir, et reliés au cheval de derrière par les macillons de son collier.
- d'une croupière et de fausses-rênes (spécifiques aux charrettes) faites d'un seul ensemble. Celles-ci sont munies d'une courroie qui s'accroche au collier par une boucle et d'une autre pour les porte-traits.
- d'une couverture de velours souvent brodée (aux initiales du propriétaire ou d'un autre motif), accrochée sur le dos du cheval au collier et aux traits par des lacets. A celle-ci, est cousu un ''cache-cul'' en corde.
- d'un caparaçon qui ne concerne que les premiers chevaux et uniquement le dimanche de la fête. Il est en velours, de la même couleur que la couverture. ''Honneur à St Eloi'' y est brodé. Il est accroché par le milieu à la fermeture du collier, et aux traits sur les côtés.
- d'un rava (peau de mouton) posé sur l'encolure et attaché aux attelles du collier par deux lanières de cuir.

Le harnachement du cheviller comporte la bride, le collier, les traits, la croupière et le ravas, comme les autres.
La couverture disparaît, ''le tire-moure'' ou les rennes sont remplacés par une paire de guides, dont celle de droite est plus longue que celle de gauche, car le charretier mène son cheval au niveau du rein, à gauche. L'extrémité de ces guides est reliée au ''tire-moure'' du limonier. Ses traits ne sont pas attachés au collier du limonier, mais aux bras de la charrette.

Le limonier porte un harnachement de roulier ou harnais provençal qui se décrit ainsi.
- d'une bride sans œillère, avec du poil de blaireau sur la muserole, ou d'une bride avec des œillères ornée de motifs en cuivre.
- d'une paire de guides conventionnelle
- d'un grand collier provençal cuivré avec deux crochets aux macillons pour atteler les traits en chaîne de la charrette.
- d'une grosse selle munie d'une dossière appelée sufre qui supporte le poids de la charrette. Elle est reliée à des fausses rênes qui passe dans les courroies qui maintiennent les attelles au collier, dans le sous-gorge et finissent dans les anneaux du mors prévu à cet effet.
- d'une avaloire reliée à la grosse selle. Elle est composée de la croupière, de la barre de reculement et de reculements en chaîne.
- d'une sous-ventrière qui s'attache aux deux bras de la charrette.
Les grandes parties de cuir sont décorées de motifs et de boucles cuivrés.


La Société possède un harnachement spécifique qui n'est plus utilisé pour la course de la charrette. C'est une réplique d'un harnachement des années 1850 qui a été réalisée en 1993 par M elle Charlotte Callet et M r Louis Fattore Bourrelier à Graveson. Tous les éléments de cuir sont recouverts de velours brodé de fil d'Or avec des motifs en l'honneur de St Eloi. Il n'est utilisé que pour la bénédiction de la charrette le 2 ème dimanche de juillet.

La garniture de la charrette :

La charrette elle-aussi est garnie. C'est une Carreto Ramado (charrette ramée).
Jusqu'en 2008, elle était garnie sur les côtés par de grandes branches d'ormeaux, les roues tressées avec de jeunes pousses d'ormeaux et à l'arrière un beau buisson d'aubépine.
Depuis 2009, suite à une maladie des ormeaux, les membres de la société ont décidé de les remplacer par du peuplier blanc pour les roues et du peuplier vert pour les côtés. Sur les branches, on attache les drapeaux de St Eloi avec le nom des prieurs de l'année et des fleurs en papier rouges et jaunes (couleurs de la Provence).
Le dimanche pour la bénédiction, on y rajoute des fleurs fraîches, des chardons cardère et les deux cœurs (tableaux en forme de cœur, entourés d'une tresse de blé noir) un à l'effigie de St Eloi placé à l'avant de la charrette, l'autre où est inscrit ''Honneur à St Eloi'' placé à l'arrière de la charrette.

Particularités de la Charrette :

La charrette utilisée actuellement date de 1890. Elle a été offerte à la Société par Mr André, dit ''le Préfet''. Au fil des années, elle a été modifiée. Elle est munie de freins à tambours actionnés dans la charrette par un levier, d'un arceau qui sert pour accrocher les branches et aussi pour la sécurité des occupants en cas de renversement. Son essieu a été élargi et des masses fixes ont été placées sous le plancher pour abaisser son centre de gravité et ainsi augmenter sa stabilité.
Dans la charrette, prennent place deux musiciens, un joueur de tambour et un de galoubet qui jouent l'air de St Eloi dès que la charrette se met en mouvement, une personne qui s'occupe du frein et bien sûr le meneur et à tour de rôle les prieurs et capitaines de l'année.
Par le passé, il était de tradition qu'un prieur fasse le devant et que le second mette au limon, car tous possédaient un cheval. Avec l'évolution de l'agriculture et la disparition des chevaux, cette pratique n'est plus possible.
De nos jours, pour plus de sécurité, nous faisons plusieurs entraînements pour essayer les chevaux et les charretiers afin de déterminer les places de chacun.
La charrette de St Eloi de Rognonas est la seule, sur son parcours, à prendre en courant, trois virages différents et ceci depuis 2005. En effet, depuis sa création, son parcours a été modifié plusieurs fois suite à des événements qui ont marqué son histoire ou à des aménagements de la voirie.
A chaque sortie de la charrette, l'attelée est précédée par les bidets (chevaux montés par des cavaliers ou cavalières qui ouvrent l'attelée). On en trouve la trace déjà en 1895. Il y en avait quatre.
Autre particularité de la charrette de Rognonas, il était habituel que les charretiers fassent le tour en courant, montés en amazone, car le tour était long. En effet, ils effectuaient le tour complet du village. Cette pratique est peu utilisée par les jeunes charretiers, les tours en courant étant moins longs.

Historique de la charrette de St Eloi Rognonas:

Si l'on ignore depuis quand date la charrette ramée, nous savons qu'elle existait déjà avant la révolution de 1789. A l'époque, la charrette traversait à vive allure les champs de blé à peine moissonnés et les prairies. Son passage était un gage de prospérité pour lequel les paysans s'acquittaient en nature d'une obole destinée aux nécessiteux.
En 1810, alors qu'une terrible épidémie inconnue décimait les bêtes de trait, les paysans se mirent sous la protection de St Eloi. Pour se faire, ils défilèrent avec leurs bêtes autour de la Croix de St Eloi et reçurent la bénédiction d'un prêtre. L'épidémie cessa rapidement. Depuis ce jour-là , en reconnaissance, la charrette courut autour, puis dans le village, ce fut le début des fêtes d'été telles que nous les connaissons maintenant.

Quelques dates à retenir :
1882 : 83 chevaux attelés à la charrette. Ce fut un record.
1913 : Apparition des cœurs sans la peinture.
1915 1916 1917 1918 1919 : Il y a des prieurs mais pas de charrette, à cause de la Grande Guerre.
1920 : Reprise de la course de la charrette, beaucoup de matériel défectueux par manque d'entretien pendant la guerre.
1927 : Dernière fois que la charrette tourne derrière Rognonas à la Croix de Richard, près de la Biscuiterie Duret et à la Vierge chez Bertaud.
1928 : Nouveau parcours. La charrette court dans la rue centrale et Boulevard de l'Ancien Marché.
1937 : Les cœurs sont peints par Mr Viret et garnis de blé et d'avoine par Mr Auzépy Charles.
1939 : Arrivée de la charrette sous une pluie torrentielle. Il y avait une seule personne dans Rognonas. Les garnitures de St Eloi seront très abîmées par la pluie.
1940 1941 1942 1943 1944 : Des prieurs sont nommés, mais il n'y a pas de charrette.
1941 : Sortie de la charrette en Avignon pour le passage du Maréchal Pétain avec les sociétés de St Eloi de Chateaurenard, Graveson, Maillane et Eyragues.
1945 : Reprise de la course de la charrette. Les garnitures sont trop abîmées de leur dernière sortie, leur utilisation sera abandonnée.
1947 : Renversement de la charrette. Aucun mal. Rénovation des cœurs par Mr Auzépy Charles.
1956 : Guerre d'Algérie. Pas de prieurs, pas de charrette.
1957 : La charrette verse au double virage de la Joliette. Un blessé léger.
1969 : 10 chevaux. C'est la plus petite attelée connue. La mécanisation agricole en est la responsable.
1970 : Création de la Fédération Alpilles Durance des charrettes, cela va créer un nouvel engouement pour nos fêtes et petit à petit le nombre de chevaux va augmenter. Jusqu'alors, chaque village attelait uniquement ses chevaux. A partir de cette année-là, chaque confrérie consent à un prêt mutuel des chevaux pour que perdure les traditions.
1976 : Pendant la course de la charrette, un charretier tombe sous son cheval. Il passe entre les pieds du cheviller, du limonier, et entre les roues de la charrette. Miracle, il en sort indemne. St Eloi veillait sur nous.
1988 : Restauration de la charrette. Elle a 98 ans.
1989 : Restauration des cœurs de St Eloi, bénédiction des chevaux à la Croix de St Eloi après les essais. Un charretier chute au tour à l'envers le samedi soir.
1990 : Sortie de la charrette à Vincennes, au champs de course à Paris.
1993 : 1ère sortie de la Garniture de St Eloi, offerte par des membres de la confrérie.
1997 : Deuxième restauration de la charrette. A l'entraînement avant la fête, le charretier en cheville chute. Il est heurté par la roue de la charrette. Malgré quelques séquelles, il reprendra sa place l'année suivante.
1999 : Le samedi soir, aux essais de la charrette, pour le tour de l'arrivée à la Mairie, la charrette se renverse. Il y aura plusieurs blessés sans trop de gravité. Le lendemain, il n'y aura que 11 chevaux attelés, tout le monde se rassure et tout se passe bien. St Eloi veille encore.
2000 : Suite à l'accident de l'année précédente, le départ de la course de la charrette ne se fait plus de la Croix de St Eloi, mais du Boulevard de l'Ancien Marché. Cette année là, on renoue avec la tradition, un prieur mène le devant, l'autre conduit la charrette.
2004 : Quelques réparations à la charrette.
2005 : Changement de parcours suite à des travaux sur la voirie. Il est à nouveau possible de partir de la Croix de St Eloi, le virage à l'envers à la pharmacie devient aussi un virage à l'endroit. Le samedi soir, les prieures montent officiellement dans la charrette, à côté du meneur. C'est la première fois, depuis 41 ans, qu'un prieur conduit la charrette avec son propre cheval.
2006 : Réparations des roues de la charrette.
2009 : Suite à une maladie des ormeaux, les branches sont remplacées par du peuplier blanc pour les roues et vert pour la charrette. Une mule sera attelée le samedi et le dimanche par un des prieurs. Cela faisait longtemps qu'il n'y en avait pas eu.
2011 : Réparation des freins de la charrette.

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